Un réseau Européen

La constitution du réseau Natura 2000 repose sur la mise en œuvre de deux directives européennes :

La Directive « Oiseaux » de 1979, recodifiée le 30 novembre 2009, propose la conservation à long terme des espèces d’oiseaux sauvages de l’Union européenne en ciblant sur les espèces et sous-espèces menacées qui nécessitent une attention particulière.
Plus de 3 000 sites ont été classés par les Etats de l’Union en tant que Zones de Protection Spéciales (ZPS).

La Directive « Habitats faune flore » du 21 mai 1992 établit un cadre pour les actions communautaires de conservation d’espèces de faune et de flore sauvages ainsi que de leur habitat. Cette directive répertorie plus de 200 types d’habitats naturels, 200 espèces animales et 500 espèces végétales présentant un intérêt communautaire et nécessitant une protection.

Les Zones Spéciales de Conservation (ZSC) permettent une protection de ces habitats et espèces menacées.



Les sites désignés au titre de la Directive « Oiseaux » sont nommés Zone de Protection Spéciale (ZPS). Ceux désignés au titre de la Directive « Habitats, faune, flore » Zone Spéciale de Conservation (ZSC).

Un site, proposé en ZCS qui n’a pas encore fait l’objet d’une approbation par arrêté ministériel de sa publication et de son document d’objectifs, est dénommé Site d’intérêt communautaire (SIC).

 Le plus grand réseau mondial de préservation de la biodiversité

Depuis plus d’un siècle, l’intensification de l’agriculture, le développement urbain, la croissance des infrastructures et du maillage des voies de communication ont entraîné une fragmentation et une perte de la diversité biologique.

Natura 2000 est né de la volonté de maintenir cette biodiversité tout en tenant compte des activités sociales, économiques, culturelles et régionales qui fait la richesse du continent européen.

Avec pour double objectif de préserver la diversité biologique et de valoriser les territoires, l’Europe s’est lancée, depuis 1992, dans la réalisation d’un ambitieux réseau de sites, s’étendant sur toute l’Europe : le vol des oiseaux migrateurs nous rappelle avec poésie que la nature et sa préservation n’ont pas de frontières.

Ce réseau est aujourd’hui constitué : il couvre désormais près de 18 % du territoire terrestre de l'Union Européenne (presque 1 million de km2) et 150 000 km2 de ses mers et océans, soit plus de 27 000 sites.

Attention, ces directives ne signifient pas que l'on cherche à mettre ces espaces « sous cloche ». L’objectif de Natura 2000 est de concilier les besoins écologiques des milieux et des espèces avec les activités économiques, sociales et culturelles qui s'exercent sur notre territoire ainsi que des particularités régionales et locales. Natura 2000 n'est donc pas un sanctuaire de nature où toute activité humaine serait à proscrire.

La préservation de la biodiversité : Un enjeu majeur du XXIe siècle

La biodiversité est constituée de l'ensemble des espèces vivantes (diversité spécifique), de leur patrimoine génétique (diversité génétique), des habitats (diversité des écosystèmes) et des paysages.

Par des relations de compétition, de prédation ou de coopération, tels les maillons d'une chaîne infinie, chacun vit en interdépendance. On estime entre 6 et 30 millions le nombre d'espèces vivant sur notre planète, 70 à 95 % d'entre elles nous sont encore inconnues.

Lorsqu'un élément d'un milieu donné tend à disparaître, il est progressivement remplacé par un autre. Or ce processus de renouvellement est d'une extrême lenteur. On le chiffre en millions d'années. On estime aujourd'hui que 50 à 100 000 espèces disparaissent chaque année. Ce rythme est de 100 à 1 000 fois supérieur à celui du rythme naturel. C'est ainsi que 10 à 50% des espèces pourraient disparaître avant la fin du XXIe siècle !

Les écosystèmes sont eux aussi en forte régression : au niveau mondial, 6 millions d'hectares de forêts primaires sont perdus chaque année depuis 2000, la superficie des récifs coralliens sains des Caraïbes a décru en moyenne de 10% par décennie depuis 30 ans, 35% des mangroves mondiales ont été perdues depuis 20 ans, 10 à 20% des écosystèmes prairiaux et forestiers naturels devraient être convertis à d'autres usages d'ici 2050.

La destruction et la fragmentation des habitats naturels, la pollution, la surexploitation des ressources naturelles, l'introduction d'espèces et la modification du climat, dont l'homme est en partie responsable, sont les causes principales de cette perte de biodiversité. Si le phénomène n'est pas enrayé dès aujourd'hui, les dégâts seront irréversibles et les possibilités d'un développement durable de l'humanité gravement compromis. Certains choix de société modifient les cycles naturels et fragilisent l'environnement alors même que la biodiversité est un enjeu vital par les biens et services qu'elle procure à l'humanité. L'homme, partie intégrante des écosystèmes de la planète, se doit de préserver la diversité du vivant pour des raisons éthiques, culturelles, économiques et de santé humaine.

Le réseau en Europe

Le réseau européen de sites Natura 2000 comprend 26 406 sites pour les deux directives :

Les sites Natura 2000 couvre 17,9% de la surface terrestre de l'UE.

2 341 sites marins sont également classés en Europe, soit 217 464 km².

Chaque pays est doté, ou se dote progressivement, d’un réseau de sites correspondant aux habitats et espèces mentionnés dans les directives en fonction des régions biogéographiques.

 

Réseau Natura 2000 et régions biogéographiques en Europe

Des sites très connus en Europe font partie du réseau : Le Delta du Danube en Roumanie, La forêt de Bialowieza en Pologne, la vallée du Guadalquivir en Espagne...

 

 

 

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